Le masque en Afrique

Le masque est un déguisement ou un objet en bois, en tissu, en cuir… qui permet à l’homme de modifier son apparence, soit pour se cacher, soit pour exprimer sa croyance. Il existe depuis la nuit des temps au sein de la culture des peuples humains, si bien qu’il est impossible de lui trouver une origine unique. Le chasseur nigérian a porté un masque surmonté d’une tête d’oiseau (le calao, le plus souvent) ou d’animal (l’antilope) pour attraper ou tuer l’oiseau, l’animal de son choix. L’acteur grec, japonais ou encore italien s’est servi du masque pour changer son apparence. Le masque est aussi utilisé sur différents continents, lors des carnavals pour divertir les spectateurs.

En Afrique, le masque revêt le plus souvent un caractère sacré et André Malraux a raison de comparer « la signification du masque dans la culture africaine à l’importance des cathédrales en Europe ». Le masque fait partie intégrante de la vie sociale africaine. Il est toujours lié à la religion de l’ethnie qui le fabrique.

« Le masque africain n’est pas la fixation d’une expression humaine, c’est une apparition » déclarait encore André Malraux. Les masques africains reflètent les traditions. Ils sont le pilier principal d’une ethnie ou d’un peuple, dont ils représentent la puissance incontestable. Ils permettent à la culture de leur milieu d’origine de se construire.

Etant donné que les traditions varient d’un pays à l’autre et même d’une ethnie à l’autre au sein d’une même république, il est évident que le masque ne peut revêtir sa pleine signification, que si nous le plaçons dans le contexte qui l’entoure.

Au Bénin , il s’agit du costume dont il est un élément, du « gris-gris », et du spectacle qui est le « carrefour » de plusieurs arts. Il est fait de musique, de chansons, de mime et de danse.

Il existe, au Bénin, deux sortes de sociétés de masques : la société à moitié secrète et la société secrète. La première est représentée par le guèlèdè et la deuxième par l’oro, le koutito et le zangbéto. Les masques de ces sociétés sont fabriqués dans le pays, par des non initiés (pour le guèlèdè) et des initiés (pour l’oro, le koutito et le zangbéto) sur la demande du chef de la société concernée. Ils sont utilisés dans différentes circonstances telles que : les cérémonies annuelles des vodun de ces sociétés, celles de l’initiation des nouveaux adhérents, les fêtes agricoles, l’exorcisme des mauvais esprits, la guérison et le divertissement. Dans ce dernier cas, le porteur du masque se conduit en bouffon pour faire rire le public, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il rompt avec le monde des esprits.

Le masque, en transformant celui qui le porte, permet de concrétiser le surnaturel dans la vie des hommes. Le porteur laisse la place devant le double qu’il anime, grâce à sa sensibilité, son intuition et ses émotions. Sa présence est liée à la croyance de l’ethnie dont il émane, en particulier à celle de l’immortalité des défunts, - c’est le cas des koutito ou égungun qui constituent la liaison entre le monde des vivants et celui des morts – à l’existence des forces surnaturelles dont dépendent la vie de l’ethnie, son organisation sociale et le bien-être de tout un chacun.[...]

Le masque joue à la fois un rôle social et religieux dans la société africaine en utilisant des techniques théâtrales.

Ceux qui veulent appréhender la réalité du masque africain sont priés d’abandonner tout esprit cartésien.

 

Extrait de : Le masque dans la société béninoise de Odile Puren Adda-Branco

 

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