Kwele

Les masques de l’ethnie Kwele sont très remarquables, parce que très spécifiques et différents de ceux des autres ethnies : Ils sont généralement bicolores, à base de blanc (couleur liée à la fois à la lumière, à la mort et à la lutte contre les maléfices) obtenu par l’application avant chaque utilisation de kaolin, dans la partie centrale et de marron pour les bords ; ils sont principalement caractérisés par leur forme en cœur, leur nez triangulaire et leurs yeux bridés ou en forme de grain de café.

Ces masques restaient le plus souvent accrochés dans les maisons, coutume rare en Afrique, pour protéger des mauvais esprits ou activer les forces bénéfiques habitant le bwété (panier reliquaire contenant les os des ancêtres – coutume empruntée à leurs voisins Kota)

Les Kwele, qui vivent sur la frontière entre le Gabon et la République Démocratique du Congo, ont également produit des masques zoomorphes, à l’aspect géométrique, représentant antilope, phacochère ou gorille. Ces masques avaient une fonction bien précise liée à la cohésion du village :

Chaque village était composé de plusieurs lignages (familles). Chaque lignage avait à sa tête un chef de famille qui se trouvait en compétition avec les autres chefs de famille des autres lignages pour devenir chef du village. Le village comprenait des prêtres et un homme de paix dont le rôle était d’éviter que la compétition pour devenir chef de village ne tourne à l’affrontement. La cohésion du village dépendait donc de l’habileté de l’homme de paix, de l’autorité du chef du village.
Pour renforcer cette cohésion, les Kwélé avaient emprunté à leurs voisins Kota le culte du bweté . La célébration de cette festivité qui durait une semaine était décidée lors d’une réunion des principaux chefs de lignage. Au début de ce rituel, les hommes partaient chasser l’antilope dans la forêt dont la chair, agrémentée d’herbes médicinales, devait être mangée lors du repas de clôture de la cérémonie. Alors que les hommes étaient partis depuis un ou deux jours et que femmes et enfants étaient restés au village, des masques représentant une antilope avec deux grandes cornes faisaient leur apparition au village et conviaient femmes et enfants à des chants et des danses. Le village s’animait encore plus quand les chasseurs revenaient avec leur butin.

D’autres masques existent, bien sûr, chez les Kwélé dont un particulièrement célèbre pour avoir inspiré Picasso (C’est en tous cas la réputation qu’on lui a faite : Cf. l’article Art nègre et cubisme dans la rubrique culture http://www.france-cameroun.com/blog/?cat=33)

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